Le thallium est un élément chimique de symbole Tl et de numéro atomique 81. Ce métal post-transitionnel, mou et gris, ne se trouve pas à l’état libre dans la nature. Lorsqu’il est isolé, il présente un aspect métallique argenté, mais il se ternit rapidement au contact de l’air.
Le thallium est un métal du groupe 13 (famille du bore), de symbole Tl et de numéro atomique 81. Il présente deux principaux états d’oxydation : +1 et +3, le premier étant particulièrement stable en raison de l’effet de la paire inerte. Le thallium est un métal mou, blanc argenté et facilement malléable, qui se ternit au contact de l’air.
2 Tl + O2 -> Tl2O
Le thallium réagit avec l’oxygène pour former de l’oxyde de thallium(I), un solide rouge orangé utilisé dans divers composés.
2 Tl + 3 Br2 -> 2 TlBr3
Le thallium peut réagir avec le brome pour former du bromure de thallium(III), bien que les sels de thallium(III) soient moins stables.
| Composé | Formule | Utilisation ou importance |
|---|---|---|
| Oxyde de thallium(I) | Tl2O | Solide rouge orangé ; précurseur de composés du thallium(I) |
| Sulfate de thallium(I) | Tl2SO4 | Solide blanc ; utilisé dans des batteries à haute densité énergétique et certains réactifs chimiques |
| Iodure de thallium(I) | TlI | Sel blanc ; composant essentiel des détecteurs de rayonnement utilisant NaI(Tl) |
| Bromure de thallium | TlBr | Matériau semi-conducteur étudié pour les détecteurs de rayons X et gamma |
Le thallium naturel est constitué de deux isotopes : le thallium-203 (203Tl, 29,5 %) et le thallium-205 (205Tl, 70,5 %). Tous deux sont stables. Le thallium-203 est le plus léger et le thallium-205 le plus abondant. En outre, plus de treize isotopes radioactifs sont connus, dont le thallium-201 (201Tl), largement utilisé en médecine nucléaire en raison de sa période radioactive de 73 heures.
Le thallium est un élément présent à l’état de traces dans la croûte terrestre, avec des concentrations d’environ 0,5 à 1 ppm. On le trouve en faibles quantités dans des minéraux tels que la hanksite (Tl2O·FeO·MnO) et l’ojirite (Tl2O·PbO·S). Il est principalement obtenu comme sous-produit du raffinage de la culminite (Tl2S) et du zinc. Les réserves se trouvent au Danemark, en Chine, en Norvège et en Espagne.
Le thallium a été découvert en 1861 par Sir William Crookes, au Royaume-Uni, grâce à l’analyse spectroscopique d’une fraction de culminite. Crookes a observé dans le spectre une raie lilas caractéristique qui ne correspondait à aucun élément connu. L’élément a ensuite été isolé sous forme de métal pur en 1862 par Claude-Auguste Lamy, qui l’a obtenu au moyen d’électrodes dans un bain fondu. Le nom thallium vient du grec *thallos*, qui signifie « jeune pousse verte », en référence à la raie lilas observée dans le spectre.
Le thallium métallique a des applications limitées en raison de sa toxicité, mais il est utilisé dans certains alliages spéciaux ainsi que dans des clapets antiretour et des thermostats. Son principal intérêt industriel réside dans son utilisation comme dopant dans le coton irradié et dans certains matériaux supraconducteurs à l’étude.
Les composés du thallium jouent un rôle important dans plusieurs applications spécialisées : l’iodure de sodium activé au thallium (NaI(Tl)) est utilisé dans les détecteurs de rayonnement et les équipements de médecine nucléaire ; le bromure de thallium (TlBr) est étudié pour les détecteurs de rayons X et gamma ; le sulfate de thallium est employé dans des batteries à haute densité énergétique et certains réactifs chimiques ; enfin, le thallium est utilisé comme dopant dans le coton irradié afin d’améliorer sa conductivité thermoélectrique.
Le thallium est hautement toxique pour les êtres vivants. L’ion thallium(I) Tl+ imite l’ion potassium K+ dans certains processus biologiques, ce qui permet au thallium de pénétrer dans les systèmes biologiques et de provoquer des dommages. Sa toxicité peut affecter le système nerveux central, le système cardiovasculaire, les reins et le système gastro-intestinal. Les symptômes aigus comprennent des nausées, des vomissements, des douleurs abdominales, une paralysie et des pertes de mémoire. Une exposition prolongée peut être mortelle.
Le thallium est hautement toxique quelle que soit la voie d’exposition. Les composés inorganiques du thallium sont toxiques en cas d’ingestion. Sa toxicité est telle que la plupart de ses applications ont été restreintes pour des raisons de santé publique. En laboratoire, il doit être manipulé avec des équipements de ventilation spécifiques, des gants résistants et une protection du visage. Les déchets doivent être traités comme des substances dangereuses dans des installations agréées.
Le thallium s’accumule dans les écosystèmes et sa toxicité peut affecter les organismes aquatiques et terrestres. Les principales sources de pollution environnementale sont les rejets industriels provenant des raffineries de zinc et de culminite. Le thallium ne se dégrade pas naturellement et peut persister dans les sols et les sédiments. La gestion environnementale des déchets contenant du thallium est essentielle pour prévenir la contamination et l’exposition des populations.
Certains cristaux contenant du thallium, comme l’iodure de sodium activé au thallium (NaI(Tl)), peuvent émettre de brefs éclairs lumineux lorsqu’ils absorbent un rayonnement ionisant. Ce phénomène est appelé scintillation. La lumière produite est convertie en signal électrique par un photodétecteur, ce qui permet d’enregistrer et d’analyser le rayonnement reçu. Ces matériaux sont utilisés dans des instruments de mesure, des équipements de recherche et certains systèmes d’imagerie. Leurs performances dépendent de la composition du cristal et des caractéristiques du détecteur.
Certains composés contenant du thallium présentent une supraconductivité, un état dans lequel un matériau peut transporter un courant électrique sans résistance électrique continue dans certaines conditions. Parmi eux figurent certaines céramiques à base de thallium, de baryum, de calcium, de cuivre et d’oxygène. Leurs propriétés dépendent de leur composition, de leur structure cristalline et de la température. Ces matériaux sont étudiés en raison de leur intérêt pour la physique de la matière condensée et de leurs applications électriques potentielles. Toutefois, la supraconductivité nécessite des conditions spécifiques et n’est pas une propriété du thallium métallique lui-même.
L’ion thallium(I), Tl+, possède une charge électrique et une taille qui lui permettent d’imiter partiellement l’ion potassium, K+, dans certains environnements chimiques. Il peut ainsi interagir avec certains systèmes biologiques et processus de transport ionique qui reconnaissent normalement le potassium. Toutefois, les deux ions ne sont pas interchangeables dans toutes les réactions : leurs propriétés électroniques et leur comportement de coordination présentent des différences importantes. Cette similitude chimique illustre comment deux éléments différents peuvent entrer en compétition pour occuper des sites similaires dans certains systèmes.
Le thallium présente principalement les états d’oxydation +1 et +3, mais ils ne sont pas aussi stables l’un que l’autre dans toutes les conditions. Chez les éléments lourds du groupe 13, le phénomène appelé effet de la paire inerte favorise le maintien des électrons de l’orbitale s dans un état où ils participent moins facilement aux liaisons chimiques. Chez le thallium, cet effet contribue à rendre l’état +1 particulièrement important et, dans de nombreux composés, plus stable que l’état +3. Ce comportement aide à expliquer les différences chimiques entre le thallium et les éléments plus légers du même groupe.
Le thallium-201 est un isotope radioactif utilisé dans certains examens d’imagerie en médecine nucléaire, notamment pour étudier la perfusion du muscle cardiaque. Après l’administration d’un radiopharmaceutique adapté, sa répartition permet d’obtenir des images qui contribuent à évaluer la circulation sanguine dans différentes régions du cœur. Les zones où la fixation est plus faible peuvent fournir des informations sur d’éventuelles anomalies de la circulation. Bien que cette technique ait joué un rôle important en cardiologie, son utilisation actuelle dépend du contexte clinique et de la disponibilité d’autres méthodes diagnostiques.
Certains composés du thallium peuvent être incorporés à des matériaux optiques afin de modifier leur indice de réfraction et d’autres caractéristiques liées à leur interaction avec la lumière. Un indice de réfraction élevé peut être utile pour concevoir des composants qui doivent contrôler avec précision la trajectoire des rayons lumineux. Cependant, les propriétés finales dépendent de la composition globale du verre et de sa structure. Ces applications sont spécialisées et doivent être distinguées de celles d’autres matériaux optiques qui obtiennent des résultats similaires grâce à des formulations différentes.
Le bromure de thallium (TlBr) est un matériau semi-conducteur étudié pour détecter les rayons X et gamma. Sa composition lui confère une grande capacité d’interaction avec les rayonnements, tandis que ses propriétés électriques permettent de recueillir les charges produites lorsque le rayonnement traverse le matériau. Le détecteur peut ainsi générer des signaux liés à l’énergie déposée. Son développement présente des difficultés techniques, notamment le contrôle des défauts cristallins et le maintien d’un fonctionnement stable. Il reste donc un sujet de recherche dans le domaine de l’instrumentation spécialisée.
Principales sources consultées : PubChem, Royal Society of Chemistry, NIST, IUPAC. Dernière révision : novembre 2026.