Le samarium est un élément chimique de symbole Sm et de numéro atomique 62. C’est un métal argenté, relativement dur, qui s’oxyde facilement au contact de l’air. Comme les autres lanthanides, il présente généralement l’état d’oxydation +3.
Le samarium possède six électrons externes ([Xe] 4f⁶ 6s²) et présente principalement l’état d’oxydation +3, avec un état +2 stable plus rare dans l’iodure et l’oxyde SmO. Son électronégativité est très faible (1,17) et il forme des liaisons fortement ioniques. Il est dur, cassant et s’oxyde à l’air en formant une couche jaunâtre qui s’écaille. Ses six électrons f non appariés sont à l’origine de son magnétisme qui, dans les alliages avec le cobalt, résiste à des températures extrêmes.
4 Sm + 3 O₂ → 2 Sm₂O₃
À l’air, il se recouvre d’une couche d’oxyde jaune pâle qui ne protège pas le métal. Lorsqu’il est chauffé, il brûle en formant l’oxyde ; la poudre fine peut s’enflammer spontanément.
2 Sm + 6 H₂O → 2 Sm(OH)₃ + 3 H₂
Il réagit lentement à froid et vivement à chaud, en produisant de l’hydroxyde et de l’hydrogène. Les aimants frittés résistent mieux grâce à leur matrice de cobalt.
2 Sm + 6 HCl → 2 SmCl₃ + 3 H₂
Il se dissout dans les acides dilués en formant des sels jaunes de samarium(III). Le chlorure permet d’obtenir le métal par électrolyse.
Sm + I₂ → SmI₂
Avec l’iode, dans des conditions contrôlées, il forme de l’iodure de samarium(II), de couleur vert foncé, un agent réducteur très apprécié en synthèse organique (réactif de Kagan).
| Composé | Formule | Utilisation ou importance |
|---|---|---|
| Aimant samarium-cobalt | SmCo₅ | Moteurs et capteurs fonctionnant à haute température |
| Oxyde de samarium | Sm₂O₃ | Catalyseurs et céramiques techniques |
| Iodure de samarium(II) | SmI₂ | Agent réducteur en synthèse organique |
| Chlorure de samarium | SmCl₃ | Production du métal et fabrication de catalyseurs |
| Hexaborure de samarium | SmB₆ | Isolant topologique et études quantiques |
Le samarium naturel est constitué de sept isotopes : le samarium 144 (¹⁴⁴Sm, environ 3,1 %), le samarium 147 (¹⁴⁷Sm, environ 15 %), le samarium 148 (¹⁴⁸Sm, environ 11,2 %), le samarium 149 (¹⁴⁹Sm, environ 13,8 %), le samarium 150 (¹⁵⁰Sm, environ 7,4 %), le samarium 152 (¹⁵²Sm, environ 26,7 %) et le samarium 154 (¹⁵⁴Sm, environ 22,7 %), tous avec 62 protons. Le samarium 147 est un radionucléide primordial dont la période radioactive est très longue. Le couple ¹⁴⁷Sm/¹⁴³Nd permet de dater des roches et des météorites.
Le samarium est présent dans la croûte terrestre à une concentration d’environ 7 ppm, dans la bastnäsite et la monazite, aux côtés du néodyme et du praséodyme. Les principaux gisements se trouvent en Chine, aux États-Unis et en Australie. Il est obtenu par dissolution acide, extraction par solvant et échange d’ions. Le métal est ensuite produit par électrolyse de chlorures fondus ou par réduction à l’aide de lanthane.
Paul-Émile Lecoq de Boisbaudran l’a identifié en 1879 dans la samarskite et l’a nommé samarium. C’est le premier élément à avoir été baptisé d’après une personne : le colonel Samarsky, ingénieur russe qui avait fourni l’échantillon. La samarskite contenait également d’autres lanthanides. Le samarium a connu son heure de gloire magnétique dans les années 1960, lorsque Strnat a mis au point les aimants SmCo₅.
Sous forme d’alliages SmCo₅ et Sm₂Co₁₇, il permet de fabriquer des aimants qui fonctionnent jusqu’à 300 °C sans perdre leur puissance : moteurs d’avion, capteurs de systèmes de freinage ABS, accouplements et équipements militaires. Sa résistance à la corrosion évite le recours à des revêtements épais.
L’oxyde catalyse la déshydratation des alcools et sert de dopant dans les céramiques ; l’iodure de samarium(II) réduit des molécules complexes utilisées dans la fabrication de produits pharmaceutiques ; le Sm-153 (Quadramet) traite les douleurs liées aux métastases osseuses. L’hexaborure est un matériau étudié en laboratoire dans le domaine de la physique quantique.
Le samarium n’a aucune fonction biologique connue et son absorption par l’organisme est minime. Le Sm-153 utilisé en médecine est administré sous contrôle hospitalier et se désintègre en quelques jours. Les aimants finis ne libèrent pas de samarium dans des conditions normales d’utilisation.
La poudre fine de samarium métallique peut brûler à l’air et doit être manipulée sous atmosphère inerte avec un système d’extraction. Au quotidien, le risque est surtout mécanique : les aimants puissants peuvent coincer les doigts ou se briser sous l’effet d’un choc. L’ingestion de petits morceaux nécessite une prise en charge médicale d’urgence.
Le samarium présente les mêmes impacts liés à l’extraction que les autres terres rares : consommation d’énergie pour la séparation et production de déchets contenant du thorium. Son utilisation dans des moteurs plus efficaces compense largement ces impacts, et les aimants samarium-cobalt sont recyclés en raison de leur teneur élevée en cobalt et en samarium.
Le samarium entre dans la composition des aimants samarium-cobalt, des aimants permanents à base de terres rares particulièrement appréciés lorsqu’une grande stabilité à haute température est nécessaire. Bien qu’ils soient moins puissants que les aimants au néodyme, ils résistent mieux à la démagnétisation et conservent leurs propriétés dans des conditions thermiques exigeantes. Ils sont utilisés dans les moteurs, les capteurs, les accouplements, les équipements aérospatiaux et les applications industrielles où la fiabilité thermique est prioritaire.
Les aimants samarium-cobalt peuvent fonctionner couramment à des températures bien supérieures à celles que supportent de nombreux aimants au néodyme. Selon leur composition et leur conception, certaines qualités permettent une utilisation à des températures proches de 300 °C, voire supérieures. Cette stabilité thermique les rend adaptés aux moteurs hautes performances, aux capteurs industriels, aux équipements aérospatiaux et aux dispositifs qui ne peuvent pas se permettre une perte importante de champ magnétique due à la chaleur.
Le samarium est extrait de minéraux de terres rares, notamment la bastnäsite et la monazite, dans lesquels il est mélangé à d’autres lanthanides. Sa production nécessite de broyer le minerai, de le dissoudre, puis de séparer les éléments par extraction par solvant ou échange d’ions. Le samarium peut ensuite être obtenu sous forme d’oxyde ou de métal. La séparation est complexe parce que les lanthanides ont des propriétés chimiques très similaires.
Outre les aimants permanents, le samarium est utilisé dans des alliages spéciaux, des céramiques techniques, des catalyseurs et des matériaux optiques. Ses composés peuvent être incorporés dans des verres et des cristaux afin de modifier leurs propriétés optiques, ainsi qu’être employés dans la recherche scientifique et les technologies nucléaires. Il a également été étudié en médecine pour certains traitements utilisant des isotopes radioactifs. Son application commerciale la plus connue et la plus importante reste toutefois la fabrication d’aimants samarium-cobalt.
Les aimants au néodyme sont généralement plus puissants et moins chers, mais ils perdent une partie de leurs performances lorsqu’ils chauffent et nécessitent une protection contre la corrosion. Les aimants samarium-cobalt sont moins puissants, mais conservent mieux leur magnétisme à haute température et résistent plus efficacement à l’oxydation. C’est pourquoi le néodyme domine dans l’électronique et les moteurs conventionnels, tandis que le samarium-cobalt est privilégié dans les environnements chauds, corrosifs ou techniquement exigeants.
Le samarium métallique peut réagir avec l’air et l’humidité. Sa manipulation sous forme de poudre ou de matériau industriel exige donc des précautions particulières. Cependant, il ne se trouve pas à l’état libre dans les produits courants : il est intégré à des aimants, des alliages et des composants techniques. Pour le grand public, le principal risque ne vient généralement pas de l’élément lui-même, mais de la puissance des aimants samarium-cobalt, qui peuvent provoquer des pincements ou se briser en cas de mauvaise manipulation.
L’alliage samarium-cobalt possède une résistance naturelle à l’oxydation supérieure à celle des aimants au néodyme-fer-bore. Cela tient à sa composition et à sa structure interne, moins susceptibles de se dégrader dans les environnements humides. Malgré cette résistance, un revêtement protecteur peut être recommandé dans des conditions acides, marines ou particulièrement agressives. Cette résistance réduit le besoin de protection de surface et favorise son utilisation dans les équipements industriels et les applications exigeantes.
Principales sources consultées : PubChem, Royal Society of Chemistry, NIST, IUPAC. Dernière révision : novembre 2026.