Le thulium est un élément chimique de symbole Tm et de numéro atomique 69. C’est le treizième élément de la série des lanthanides, dont il est l’antépénultième, c’est-à-dire l’avant-dernier moins un. Comme chez les autres lanthanides, son état d’oxydation le plus courant est +3, notamment dans son oxyde, ses halogénures et d’autres composés.
Le thulium possède treize électrons externes ([Xe] 4f¹³ 6s²) et adopte principalement l'état d'oxydation +3, avec un état +2 rare dans l'iodure TmI₂. Son électronégativité est faible (1,25) et il forme des liaisons fortement ioniques. Il est mou et malléable, et constitue le lanthanide stable le plus rare après le prométhium : il s'oxyde lentement dans l'air sec. Ses ions Tm³⁺ émettent entre 1 900 et 2 000 nm, une longueur d'onde idéale pour les lasers chirurgicaux.
4 Tm + 3 O₂ → 2 Tm₂O₃
Dans l'air sec, il se ternit lentement en formant un oxyde verdâtre ; dans l'air humide, la corrosion progresse. Lorsqu'il est chauffé, il brûle en formant l'oxyde.
2 Tm + 6 H₂O → 2 Tm(OH)₃ + 3 H₂
Il réagit avec l'eau en libérant de l'hydrogène, et la réaction devient vigoureuse à chaud. Les grenats utilisés dans les lasers qui en contiennent sont insolubles et stables.
2 Tm + 6 HCl → 2 TmCl₃ + 3 H₂
Il se dissout dans les acides en formant des sels de thulium(III verdâtres. Le chlorure sert de matière première pour la fabrication de fibres dopées et de grenats.
Tm + I₂ → TmI₂
Avec l'iode, il forme l'iodure de thulium(II), un puissant agent réducteur utilisé en synthèse et comme précurseur de matériaux à valence mixte.
| Composé | Formule | Utilisation ou importance |
|---|---|---|
| Oxyde de thulium | Tm₂O₃ | Lasers à 2 micromètres et fibres optiques |
| Fibre dopée au thulium | SiO₂:Tm | Laser chirurgical en urologie |
| Iodure de thulium(II) | TmI₂ | Agent réducteur en synthèse organique |
| Chlorure de thulium | TmCl₃ | Production du métal et des lasers |
| Thulium-170 en source scellée | ¹⁷⁰Tm | Radiographie industrielle portable |
Tout le thulium naturel est du thulium-169 (¹⁶⁹Tm), qui possède 100 neutrons : il est monoisotopique et stable. Le thulium-170 (¹⁷⁰Tm, période radioactive de 128 jours) émet des particules bêta et des rayons X et alimente des équipements de radiographie portables. Le thulium-167 (¹⁶⁷Tm, période radioactive de 9,2 jours) est étudié comme traceur pour les os et les tumeurs.
C'est le lanthanide stable le plus rare, avec une concentration d'environ 0,5 ppm dans la monazite, la bastnäsite et le xénotime. Il ne forme pas de minéraux qui lui soient propres. Il est obtenu par dissolution acide et séparation chromatographique très fine, tandis que le métal est produit par électrolyse ou par réduction au calcium dans des creusets en tantale.
Per Teodor Cleve l'a séparé de l'erbium en 1879 et l'a nommé thulium, d'après Thulé, nom mythique du Grand Nord : le bout du monde pour un élément presque invisible. Sa purification a été réalisée par Urbain et James au XXe siècle. Les lasers à 2 micromètres l'ont tiré de l'oubli chirurgical.
Sous forme de source scellée de Tm-170, il produit des rayons X portables pour contrôler les soudures et effectuer des diagnostics sur le terrain sans alimentation électrique. Comme dopant dans les fibres optiques, il permet de produire le laser au thulium à 1 940 nm, qui vaporise les tissus de la prostate avec des saignements minimes.
L'oxyde est utilisé pour doper des grenats et des fibres destinés à la chirurgie, à la spectroscopie et au LIDAR. L'iodure réduit des molécules en synthèse pharmaceutique, tandis que le chlorure sert à fabriquer des céramiques laser de forte puissance.
Il n'a aucune fonction biologique connue et est considéré comme faiblement toxique sous ses formes usuelles. Les isotopes médicaux sont manipulés uniquement dans les hôpitaux, avec des protections adaptées ; dans le laser, c'est la lumière qui agit, et non l'élément libre.
La poudre fine peut s'enflammer dans l'air et nécessite une aspiration ainsi qu'une atmosphère inerte. Les sources de Tm-170 sont transportées sous blindage, avec dosimétrie ; les lasers nécessitent des lunettes de protection contre les infrarouges et des enceintes signalées.
Sa rareté impose de déplacer de grandes quantités de roche pour obtenir un gramme, avec une consommation de réactifs. En contrepartie, un laser au thulium peut remplacer une chirurgie ouverte et une source portable évite de déplacer des équipements lourds. Le recyclage des fibres permet de récupérer ce thulium à forte valeur ajoutée.
Certains isotopes du thulium, notamment le thulium-170, émettent des rayonnements pouvant servir de source de rayons X dans des appareils portables. Ces sources compactes sont utiles pour les diagnostics médicaux sur le terrain, les inspections industrielles et le contrôle des soudures lorsque l'installation d'un équipement conventionnel n'est pas pratique. Le thulium ne produit pas d'électricité pour générer des rayons X : il agit comme une source radioactive encapsulée, soumise à des contrôles de sécurité stricts.
Le thulium n'a aucune fonction biologique connue et est considéré comme faiblement toxique dans les formes usuelles et aux niveaux d'exposition étudiés. Cependant, le métal sous forme de poudre fine peut s'enflammer au contact de l'air, et les poudres ou les composés peuvent irriter les voies respiratoires, la peau et les yeux. Les isotopes radioactifs nécessitent en outre une radioprotection, un blindage et une dosimétrie. Dans les produits finis, comme les lasers ou les équipements médicaux, l'exposition de l'utilisateur est minime.
L'isotope thulium-170 a été utilisé en radiographie industrielle pour inspecter les soudures, les tuyaux, les réservoirs et les composants métalliques. En émettant des rayonnements pénétrants, il permet de détecter des fissures, des pores ou des défauts internes sans détruire la pièce. Cette technique de contrôle non destructif est précieuse dans l'industrie pétrochimique, où l'intégrité des canalisations et des récipients sous pression est essentielle à la sécurité et à la maintenance préventive.
Les deux sont des lanthanides utilisés dans les lasers chirurgicaux, mais ils émettent à des longueurs d'onde différentes. Le laser à holmium Ho:YAG fonctionne autour de 2 100 nanomètres et est largement utilisé en urologie pour fragmenter les calculs et traiter la prostate. Le thulium émet dans une bande proche de 1 900 à 2 000 nanomètres, où l'absorption par l'eau est encore plus importante, ce qui permet une interaction très localisée avec les tissus. Le choix dépend de l'intervention et du type de tissu traité.
Les lasers dopés au thulium émettent une lumière infrarouge dans une bande fortement absorbée par l'eau contenue dans les tissus. Cela permet de couper, de vaporiser ou de coaguler les tissus avec précision et avec une pénétration thermique relativement limitée. Ils sont utilisés en chirurgie mini-invasive, notamment en urologie, ainsi que dans la recherche spectroscopique et certaines applications industrielles de précision. Leur avantage réside dans l'association d'une émission stable et d'un contrôle fin du faisceau laser.
Le thulium est l'un des lanthanides les moins abondants dans la croûte terrestre. Il est présent en très faibles concentrations dans des minéraux de terres rares comme la monazite, la bastnäsite et le xénotime. Sa production nécessite de le séparer d'éléments chimiquement très similaires par extraction par solvant et échange d'ions. Cette faible abondance naturelle, associée à des procédés de purification complexes, explique son coût élevé et la concentration de ses applications dans des technologies spécialisées.
Le thulium-167 est un isotope radioactif dont la période est d'environ 9,2 jours. Il a été étudié dans le cadre de recherches médicales, notamment pour l'étude des tumeurs et des os. Son émission peut être exploitée dans des techniques d'imagerie et des traceurs expérimentaux permettant de suivre des processus biologiques ou d'évaluer des lésions. Il s'agit d'applications de recherche et de médecine nucléaire strictement réglementées, et non d'un usage domestique ou courant de l'élément.
Principales sources consultées : PubChem, Royal Society of Chemistry, NIST, IUPAC. Dernière révision : novembre 2026.