Le praséodyme est un élément chimique de symbole Pr et de numéro atomique 59. C’est un métal mou, argenté et malléable, qui appartient au groupe des lanthanides. Il est apprécié pour ses propriétés magnétiques, électriques, chimiques et optiques.
Le praséodyme possède cinq électrons externes ([Xe] 4f³ 6s²) et adopte presque toujours l’état d’oxydation +3, avec un état +4 plus rare dans l’oxyde PrO₂ et certains sels. Son électronégativité est très faible (1.13) et il forme des liaisons fortement ioniques. Il est mou, malléable et s’oxyde à l’air en formant une couche d’oxyde vert qui s’écaille. Ses ions Pr³⁺ sont responsables de couleurs jaunes et vertes ainsi que d’un magnétisme intense.
4 Pr + 3 O₂ → 2 Pr₂O₃
À l’air, il se recouvre d’un oxyde vert qui ne protège pas le métal, de sorte que la corrosion se poursuit. Lorsqu’il est chauffé, il brûle en formant des oxydes, un mélange de Pr₂O₃ et de PrO₂.
2 Pr + 6 H₂O → 2 Pr(OH)₃ + 3 H₂
Il réagit avec l’eau plus vigoureusement que le cérium, en produisant un hydroxyde et de l’hydrogène. La réaction s’accélère à chaud.
2 Pr + 6 HCl → 2 PrCl₃ + 3 H₂
Il se dissout facilement dans les acides dilués en formant des sels verts de praséodyme(III), qui servent de point de départ à la fabrication d’aimants et de verres.
2 Pr + 3 H₂ → 2 PrH₃
Avec l’hydrogène, il forme des hydrures non stœchiométriques capables d’absorber et de libérer du H₂. Les alliages exploitent cette propriété chimique dans les batteries et les systèmes de stockage.
| Composé | Formule | Utilisation ou importance |
|---|---|---|
| Oxyde de praséodyme | Pr₆O₁₁ | Pigments jaunes et catalyseurs |
| Fluorure de praséodyme | PrF₃ | Cristaux pour lasers et fibres optiques |
| Chlorure de praséodyme | PrCl₃ | Production du métal et d’aimants |
| Verre au didyme | Pr-Nd | Lunettes de protection pour soudeurs et verriers |
| Alliage Pr-Fe-B | Pr₂Fe₁₄B | Aimants permanents pour hautes températures |
Tout le praséodyme naturel est du praséodyme 141 (¹⁴¹Pr), qui possède 82 neutrons : il est monoisotopique et stable. Les autres isotopes connus sont artificiels et de courte durée de vie. Sa masse atomique correspond donc à celle de son unique isotope naturel.
Il est présent à une concentration d’environ 9 ppm dans la croûte terrestre, toujours dans la bastnäsite et la monazite, aux côtés du cérium, du lanthane et du néodyme. Il n’existe pas à l’état libre ni sous la forme d’un minéral qui lui soit propre. Il est obtenu par dissolution acide du minerai, puis séparation par extraction par solvant et échange d’ions. Le métal est produit par électrolyse de chlorures fondus ou par réduction au calcium.
Carl Auer von Welsbach l’a séparé en 1885 de l’élément supposé didyme et l’a nommé praséodyme, à partir des mots grecs prasios (vert) et didymos (jumeau), en référence à la couleur verte de ses sels et au fait qu’il est le jumeau du néodyme. Le didyme avait été considéré comme un élément pendant plusieurs décennies. Sa séparation a confirmé que les terres rares cachaient des éléments presque identiques, présents par paires.
Sous forme métallique, il est allié au néodyme dans des aimants permanents résistants aux hautes températures, utilisés dans les moteurs électriques, les éoliennes et les disques durs, ainsi qu’au magnésium dans des alliages légers destinés à l’aéronautique. Il entre également dans la composition du mischmétal des briquets et dans les électrodes de batteries.
Ses oxydes colorent les céramiques et les émaux en jaune et filtrent la lumière jaune du sodium dans les lunettes de protection des soudeurs et des verriers. Le fluorure sert de dopant dans les cristaux pour lasers, tandis que l’oxyde mixte avec le cérium catalyse le traitement des gaz d’échappement et les réactions dans les piles à combustible.
Aucune fonction biologique n’est connue pour cet élément, et il est très peu absorbé. Les aimants, les verres et les céramiques ne constituent pas une source habituelle d’exposition, car le praséodyme y est immobilisé dans des matrices stables.
La poudre métallique fine peut s’enflammer et doit être manipulée sous atmosphère inerte, avec un système d’aspiration et une protection respiratoire. Les aimants puissants qui en contiennent présentent un risque mécanique de coincement et un risque en cas d’ingestion de petits morceaux par des enfants.
Son empreinte environnementale est liée à celle de l’extraction des terres rares : consommation d’énergie lors de la séparation et production de déchets contenant notamment du thorium. Son utilisation dans les moteurs efficaces et l’énergie éolienne permet d’économiser des émissions pendant la durée de vie des équipements, et le recyclage des aimants commence à récupérer le praséodyme, qui possède une valeur élevée.
Le praséodyme est utilisé pour remplacer partiellement le néodyme dans les aimants néodyme-fer-bore, qui comptent parmi les aimants permanents les plus puissants disponibles. Son ajout peut améliorer la résistance à la démagnétisation et le comportement de l’aimant à température élevée. Ces aimants sont utilisés dans les moteurs électriques, les éoliennes, les disques durs, les haut-parleurs et les appareils électroniques. Le praséodyme contribue ainsi aux performances des technologies qui nécessitent des champs magnétiques intenses et stables.
Le praséodyme n’est pas présent sous forme libre dans la vie quotidienne, et sa manipulation sous forme métallique ou en poudre relève de milieux industriels contrôlés. Sous forme de poudre fine, il peut être inflammable et son inhalation doit être évitée. En revanche, les produits finis, comme les aimants, les verres, les céramiques ou les alliages, ne libèrent normalement pas de praséodyme auquel l’utilisateur serait exposé. Le grand public n’est pas soumis à une exposition habituelle significative. Les risques concernent surtout la manipulation professionnelle de poudres, de composés ou de matériaux sans protection adéquate.
Bien qu’il appartienne au groupe des terres rares, le praséodyme n’est pas extrêmement rare dans la croûte terrestre. Cette appellation désigne un groupe de métaux qui se trouvent généralement ensemble, à de faibles concentrations dans un même minéral, et qui sont difficiles à séparer. La rareté pratique dépend davantage de l’existence de gisements exploitables, de la demande technologique et des capacités de raffinage que de la quantité totale présente sur la planète.
Les composés du praséodyme peuvent produire des teintes jaunes, vertes ou jaune verdâtre, selon le matériau et les conditions de fabrication. Ils sont utilisés pour colorer des verres décoratifs, des émaux, des céramiques et certains types de verre technique. Dans les lunettes de protection des soudeurs, ce même comportement optique est exploité pour absorber les rayonnements gênants. La capacité du praséodyme à modifier la lumière en fait une ressource précieuse aussi bien pour l’esthétique que pour la protection visuelle et l’instrumentation optique.
Les composés du praséodyme filtrent sélectivement une partie de la lumière jaune et d’autres rayonnements intenses émis lors du soudage et du travail du verre. C’est pourquoi ils sont ajoutés à des verres de protection qui réduisent l’éblouissement sans assombrir complètement la vision. Cette capacité à absorber certaines longueurs d’onde est également exploitée dans les verres techniques ainsi que pour colorer les céramiques et les objets en verre. Cette application repose sur ses propriétés optiques, et non magnétiques.
Le praséodyme est extrait de minéraux de terres rares, notamment la bastnäsite et la monazite, dans lesquels il est mélangé au cérium, au néodyme et à d’autres lanthanides. Après le traitement du minerai, des techniques d’extraction par solvant et d’échange d’ions permettent de le séparer avec un haut degré de pureté. Il est rarement trouvé à l’état métallique natif, mais plutôt sous forme de composés. Sa production est complexe, car les lanthanides possèdent des propriétés chimiques très similaires et nécessitent des procédés de séparation très précis.
Ces deux lanthanides voisins sont utilisés dans des aimants hautes performances, mais le néodyme est surtout connu pour être la base des aimants NdFeB. Le praséodyme peut remplacer partiellement le néodyme dans ces alliages et contribuer à améliorer certaines propriétés thermiques et magnétiques. Il se distingue également par ses applications optiques, notamment la coloration et le filtrage de la lumière dans les lunettes de protection. En résumé, le néodyme occupe une place dominante dans les aimants commerciaux, tandis que le praséodyme complète son rôle et apporte des usages spécialisés.
Principales sources consultées : PubChem, Royal Society of Chemistry, NIST, IUPAC. Dernière révision : novembre 2026.