Le neptunium est un élément chimique radioactif de symbole Np et de numéro atomique 93. Ce métal de la série des actinides est le premier élément transuranien, c’est-à-dire un élément dont le numéro atomique est supérieur à celui de l’uranium. Situé juste après l’uranium dans le tableau périodique, il a été nommé d’après Neptune, la planète qui vient après Uranus dans le Système solaire.
Le neptunium possède cinq électrons externes ([Rn] 5f⁴ 6d¹ 7s²) et présente les états d’oxydation les plus variés parmi les actinides : +3, +4, +5, +6 et +7. L’état +5, correspondant à l’ion neptunyle NpO₂⁺, est le plus stable en solution. Son électronégativité est faible (1,36) et c’est un métal dense, malléable et radioactif. Il s’oxyde à l’air et peut être pyrophorique sous forme de poudre fine. Sa chimie d’oxydoréduction colore ses solutions, du vert au rose.
4 Np + 3 O₂ → 2 Np₂O₃
À l’air, il se recouvre d’oxydes sombres. Lorsqu’il est chauffé, il forme du NpO₂, une forme stable utilisée dans la vitrification des déchets. La poudre fine peut s’enflammer spontanément.
Np + 4 HCl → NpCl₄ + 2 H₂
Il se dissout dans les acides pour former des sels verts de neptunium(IV). En présence d’oxydants, il se transforme en neptunyle(V), de couleur rose-violet, une espèce séparée lors du procédé PUREX.
NpO₂ + 4 HF → NpF₄ + 2 H₂O
Le dioxyde se transforme en tétrafluorure, précurseur du métal obtenu par réduction au calcium et matériau utilisé pour fabriquer des cibles destinées à la production de Pu-238.
2 NpF₆ → 2 NpF₄ + F₂
L’hexafluorure volatil se décompose facilement. Contrairement à l’UF₆, il est inutilisable pour l’enrichissement et complique les opérations de manipulation.
| Composé | Formule | Utilisation ou importance |
|---|---|---|
| Dioxyde de neptunium | NpO₂ | Vitrification des déchets et fabrication de cibles |
| Tétrafluorure de neptunium | NpF₄ | Production du métal et du Pu-238 |
| Nitrate de neptunyle | NpO₂NO₃ | Séparation du combustible par le procédé PUREX |
| Oxyde mixte de neptunium et d’uranium | Np-UO₂ | Études sur les combustibles nucléaires avancés |
| Neptunium-237 pour détecteurs | ²³⁷Np | Dosimétrie des neutrons rapides |
Aucun isotope du neptunium n’est stable. Le neptunium-237 (²³⁷Np, période radioactive de 2,14 millions d’années) constitue la majeure partie du neptunium présent dans les inventaires des réacteurs et sert de précurseur au Pu-238. Le neptunium-239 (²³⁹Np, période de 2,36 jours) est l’intermédiaire entre U-239 et Pu-239 dans tous les réacteurs. Le neptunium-238 (²³⁸Np, période de 2,1 jours) se désintègre en Pu-238, utilisé notamment dans le domaine spatial.
Le neptunium n’existe pratiquement pas dans la nature : on n’en trouve que des traces produites par capture de neutrons d’origine cosmique dans l’uranium. Tout le neptunium exploitable est produit dans des réacteurs nucléaires, lorsque l’U-238 capture des neutrons puis se désintègre en passant par le Np-239 pour former du Pu-239. Il est extrait du combustible usé par retraitement nucléaire : chaque tonne contient environ 500 g de Np-237.
Edwin McMillan et Philip Abelson l’ont isolé en 1940 en bombardant de l’uranium avec des neutrons à Berkeley. Ils l’ont nommé neptunium, d’après Neptune, la planète située au-delà d’Uranus : il s’agissait de la planète suivante et de l’élément suivant dans la classification. Le neptunium fut le premier élément transuranien. Son produit de désintégration, le Pu-238, fournirait plus tard de la chaleur aux sondes Voyager.
Le Np-237 sert à fabriquer des cibles qui, après irradiation, produisent du Pu-238 destiné aux générateurs thermoélectriques à radioisotope utilisés dans l’espace, notamment sur Voyager et Perseverance. Il est également utilisé dans des détecteurs de neutrons rapides pour mesurer le flux neutronique dans les réacteurs et les armes nucléaires.
Le dioxyde est vitrifié avec les déchets hautement radioactifs, tandis que le nitrate est séparé par le procédé PUREX. Les solutions de neptunium servent à étalonner des techniques de spectroscopie des actinides et à étudier leur migration dans les dépôts géologiques.
Le neptunium n’a aucune fonction biologique et présente une radiotoxicité élevée. Il s’accumule dans les os et le foie, où il peut persister longtemps. L’inhalation de particules constitue la voie d’exposition la plus dangereuse en raison de son émission alpha de longue durée.
Le neptunium est manipulé uniquement dans des installations nucléaires, dans des boîtes à gants équipées de dispositifs de blindage et de surveillance. La poudre métallique peut être pyrophorique. Cet élément n’est présent dans aucun produit de consommation.
Le Np-237, mobile et extrêmement persistant, influence la conception des dépôts géologiques destinés aux déchets radioactifs sur des centaines de milliers d’années. Les recherches explorent des méthodes permettant de le transformer en isotopes à durée de vie plus courte ou de l’immobiliser dans des matériaux céramiques.
Le neptunium-237 est principalement utilisé dans la recherche nucléaire et dans les détecteurs de neutrons de haute énergie. Il sert également de matière première pour produire du plutonium-238, un isotope employé dans les générateurs thermoélectriques à radioisotope qui alimentent les sondes spatiales et les rovers. Sa longue période radioactive et sa capacité à subir la fission en font un matériau intéressant pour les études sur les combustibles nucléaires et la gestion des déchets radioactifs.
Oui. Le neptunium est radioactif et toxique, et sa forme métallique finement divisée peut être pyrophorique. Son isotope le plus stable, le neptunium-237, possède une période radioactive d’environ 2,14 millions d’années et peut s’accumuler dans les os s’il pénètre dans l’organisme. Les principaux risques sont l’inhalation ou l’ingestion de particules ainsi qu’une exposition prolongée. C’est pourquoi il est manipulé uniquement dans des installations nucléaires respectant des règles strictes de radioprotection.
Le neptunium-237 peut capturer un neutron et devenir du neptunium-238, qui se désintègre par émission bêta en plutonium-238. Ce plutonium libère de la chaleur de manière régulière pendant des décennies et est utilisé dans les générateurs thermoélectriques à radioisotope destinés aux missions spatiales. Le neptunium constitue ainsi un précurseur stratégique d’une source d’énergie utilisée dans les sondes et les rovers qui fonctionnent loin du Soleil.
Non. Le neptunium possède très peu d’applications commerciales et est principalement utilisé dans la recherche, les détecteurs de neutrons et la production de plutonium-238. Sa radiotoxicité, sa longue période radioactive et la complexité de sa séparation rendent son utilisation peu pratique dans l’industrie courante. La majeure partie du neptunium produit dans les réacteurs est considérée comme un déchet nucléaire et doit être gérée comme une matière radioactive à longue durée de vie.
Le neptunium est principalement produit comme sous-produit dans les réacteurs nucléaires, lorsque l’uranium du combustible absorbe des neutrons et se transforme en nouveaux éléments. Il existe également en quantités infimes dans les minerais d’uranium, où il se forme à la suite de réactions nucléaires naturelles impliquant des neutrons. Pour en obtenir des quantités exploitables, il est extrait du combustible nucléaire usé par des procédés de séparation radiochimique.
Le neptunium-237 possède une période radioactive très longue et une certaine mobilité dans l’environnement. Il peut donc rester radiotoxique pendant des centaines de milliers d’années. Cela complique la conception des dépôts géologiques profonds destinés aux déchets hautement radioactifs. Les recherches portent notamment sur les moyens de le séparer, de l’immobiliser ou de le transformer en isotopes à durée de vie plus courte. Sa gestion constitue l’un des défis du cycle du combustible nucléaire.
Tous deux sont des actinides radioactifs, mais l’uranium existe naturellement en quantités importantes et constitue le combustible nucléaire conventionnel, tandis que le neptunium est presque entièrement produit artificiellement dans les réacteurs. L’uranium-235 est fissile à l’état naturel ; le neptunium-237 peut également subir la fission, mais ses utilisations sont beaucoup plus limitées. En outre, le neptunium est un produit de désintégration et d’irradiation de l’uranium, ce qui complique davantage la gestion des déchets nucléaires.
Principales sources consultées : PubChem, Royal Society of Chemistry, NIST, IUPAC. Dernière révision : novembre 2026.