L’américium est un élément chimique radioactif transuranien de symbole Am et de numéro atomique 95. Membre de la série des actinides, il se trouve sous l’europium dans le tableau périodique ; c’est par analogie avec le nom de ce lanthanide qu’il a été nommé d’après les Amériques. Il a été produit pour la première fois en 1944 par l’équipe de Glenn T. Seaborg, à l’Université de Chicago, aux États-Unis.
L'américium possède sept électrons périphériques ([Rn] 5f⁷ 7s²) et présente des états de +2 à +6, avec +3 le plus stable en solution. Son électronégativité est très faible (1,13) et il est dense, malléable et radioactif : il chauffe ses composés et s'oxyde dans l'air. Sa couche 5f demi-remplie en fait l'actinide le plus semblable à l'europium ; l'Am-241 émet des alphas constants pendant des siècles.
4 Am + 3 O₂ → 2 Am₂O₃
Dans l'air, il ternit rapidement en dioxyde foncé, la forme céramique utilisée dans les détecteurs et les sources. La poudre fine peut brûler spontanément.
2 Am + 6 HCl → 2 AmCl₃ + 3 H₂
Il se dissout dans les acides pour donner des sels d'américium(III) roses. Le chlorure est la voie pour purifier l'Am-241 à partir du plutonium vieilli.
AmO₂ + 4 HF → AmF₄ + 2 H₂O
Le dioxyde se convertit en tétrafluorure, précurseur du métal par réduction avec le baryum et de cibles pour le bérylkeium.
²⁴¹Am → ²³⁷Np + α
L'Am-241 se désintègre en émettant des alphas de 5,5 MeV qui ionisent l'air à l'intérieur des détecteurs et, avec le béryllium, produisent des neutrons.
| Composé | Formule | Utilisation ou importance |
|---|---|---|
| Dioxyde d'américium-241 | ²⁴¹AmO₂ | Détecteurs de fumée et sources |
| Source Am-Be | Am-Be | Neutrons pour la prospection |
| Tétrafluorure d'américium | AmF₄ | Production de métal |
| Oxalate d'américium | Am₂(C₂O₄)₃ | Purification radiochimique |
| Cible Am-243 | ²⁴³Am | Synthèse d'éléments superlourds |
Aucun isotope d'américium n'est stable. L'américium-241 (²⁴¹Am, 432 ans) domine les détecteurs et les sources et est engendré à partir du Pu-241. L'américium-243 (²⁴³Am, 7 370 ans) est une cible pour le curium et le bérylkeium. L'américium-242m est l'un des isotopes fissiles les plus puissants connus.
Il n'apparaît pas dans la nature en quantités appréciables : seulement des traces par capture de neutrons dans l'uranium. Tout l'américium est produit en réacteurs, lorsque le Pu-239 capture des neutrons jusqu'au Pu-241, qui se désintègre en Am-241. Il est extrait du combustible usé ou du plutonium vieilli par le procédé avancé PUREX.
Glenn Seaborg et son équipe l'ont synthétisé en 1944 en bombardant le plutonium avec des neutrons à Chicago et l'ont nommé américium, d'après l'Amérique : le jumeau de l'europium de l'autre côté de l'Atlantique. Il a été annoncé en 1945 lors d'une émission radiophonique pour enfants. Les détecteurs de fumée l'ont introduit dans tous les foyers.
Sous forme d'Am-241 en pastilles céramiques, il ionise les détecteurs de fumée dans chaque maison et, avec le béryllium, génère des neutrons pour la prospection pétrolière et des sols. Sous forme d'Am-243, il sert de cible pour créer le bérylkeium et les éléments superlourds.
Le dioxyde scellé mesure l'épaisseur et la densité dans les usines ; les mélanges Am-Be étalonnent les réacteurs et les sources de démarrage. Les oxalates purifient l'isotope dans les cellules chaudes.
Il n'a aucune fonction biologique et est hautement radiotoxique : inhalé, il s'accumule dans les os et le foie pendant des décennies. La dose d'un détecteur intact est inférieure au rayonnement naturel annuel.
Il est manipulé uniquement dans des installations nucléaires, scellé dans l'acier et la céramique. Si un détecteur se brise, ne pas le toucher : ventiler et appeler la protection contre les radiations. Il ne doit jamais être ouvert ni percé.
Les détecteurs retirés sont collectés comme déchets radioactifs de faible activité avec traçabilité complète. L'Am-241 se désintègre en Np-237 extrêmement longue vie, qui façonne les dépôts géologiques.
L'américium-241 émet des particules alpha qui ionisent l'air à l'intérieur d'une chambre scellée. Cette ionisation permet à un très faible courant électrique de circuler entre deux électrodes. Quand la fumée entre, ses particules se fixent sur les ions et réduisent le courant ; le circuit détecte cette chute et déclenche l'alarme. La quantité d'américium est infime et encapsulée dans des couches de métal et de céramique.
Outre les détecteurs de fumée, l'américium-241 est utilisé dans les jauges d'épaisseur, de densité et de niveau liquide ou solide. Il est également combiné au béryllium pour produire des sources de neutrons utilisées dans la prospection pétrolière, la mesure de l'humidité du sol et l'analyse des matériaux. Ces applications profitent de son émission alpha stable et de sa longue demi-vie pour obtenir des mesures fiables pendant des années.
L'américium est utilisé comme matériau de départ pour synthétiser des éléments plus lourds dans des accélérateurs de particules. En bombardant des atomes d'américium avec des ions lourds, les scientifiques peuvent créer des noyaux d'éléments superlourds qui n'existent pas naturellement. Ces synthèses nécessitent de minuscules quantités de matériau et des installations à haute énergie. L'américium est donc une pierre angulaire dans la recherche de nouveaux éléments du tableau périodique.
Si la source scellée est endommagée, il y a un risque de contamination par des particules d'américium-241, surtout si elles sont inhalées. Pour cette raison, le détecteur ne doit pas être ouvert, percé ou démonté pour en extraire le matériau. En cas de bris accidentel, il est recommandé de ne pas toucher les débris, de ventiler la zone et de contacter les autorités de protection contre les radiations ou le fabricant pour une élimination sûre.
Le détecteur à ionisation utilise l'américium-241 pour créer un courant électrique et répond rapidement aux très petites particules produites par les incendies à flamme rapide. Le détecteur photoélectrique utilise un faisceau lumineux et un capteur : quand la fumée disperse la lumière, il déclenche l'alarme. Les détecteurs à ionisation sont donc généralement plus sensibles aux incendies à combustion rapide, tandis que les photoélectriques répondent mieux à la fumée dense des incendies à combustion lente.
L'américium-241 se désintègre par émission alpha et se transforme en neptunium-237, un élément dont la demi-vie est d'environ 2,14 millions d'années. Ce processus est très lent : la demi-vie de l'américium est d'environ 432 ans, donc la quantité de neptunium produite dans un détecteur domestique est insignifiante. La transformation fait partie d'une chaîne radioactive plus large au sein des actinides.
Quand les particules alpha de l'américium-241 frappent des atomes légers comme le béryllium, elles peuvent déclencher des réactions nucléaires qui libèrent des neutrons. Cette combinaison permet de construire des sources de neutrons compactes pour la prospection, le contrôle industriel et l'analyse des matériaux. L'avantage de l'américium est sa longue demi-vie et son émission régulière, qui garantissent un flux de neutrons constant pendant de nombreuses années sans réacteur.
Principales sources consultées : PubChem, Royal Society of Chemistry, NIST, IUPAC. Dernière révision : novembre 2026.